24 juin, 2023

En 1980, Bill Haley aurait pu se produire en France

Bill Haley en France
Bill Haley devait chanter au Macumba, en 1980.
 Bill Haley en concert en France dans la discothèque Le Macumba, à Lille et à Vigneux-de-Bretagne, près de Nantes. Cela aurait pu se passer en novembre 1980. 

Six ans après son dernier passage en France, à Strasbourg, le roi du rock aurait chanté devant ses fans français. Outre ces deux dates (le 5 novembre à Lille, le 6 à Vigneux-de-Bretagne), un concert était aussi prévu à Paris.

Le 21 novembre 1979, Bill aurait dû se produire au Palace, club parisien, mais le concert fut annulé.


10 juillet, 2022

Johnny Kay, ex-guitariste de Bill Haley est mort

Un musicien de rock-and-roll est décédé hier, 9 juillet 2022 : le guitariste John Kaciuban alias Johnny Kay, né le 23 juin 1940, s'est éteint entouré de ses proches.

Go, Johnny, go! Show télévisé 
Thank You Lucky Stars, 1964
John fut guitariste des Comets de 1960 à 1968, puis en août 1972, lors du festival de rock à Wembley. Ses solos au son  saturé étaient assez sauvages, comme l'atteste l'enregistrement pirate du concert de l'Alhambra, à Paris, en septembre 1966.

Il chanta ("Mohair Sam", "Justine", "The Seventh Son") également sur des disques de Bill Haley, enregistrés au Mexique dans les années 1960. 

John Kaciuban édita une méthode de guitare, en vidéo, dans les années 1980.

Nous, fans, avons eu le privilège de lire les anecdotes et commentaires qu'il publiait sur le groupe Facebook dédié à Bill Haley, "The International Razor Bunnies".

Que John repose en paix.

A lireinterview (en anglais) de Johnny, publiée en 2019


Johnny Kay Kaciuban
Bill Haley et Johnny Kay (à dr.),
show télévisé, Pays-Bas, 1966.

16 avril, 2022

Rudy Pompilli : quand le rock perdit son saxophoniste

Cheveux bouclés, lunettes, joues gonflés lorsqu'il pousse la note : ainsi apparaît Rudy Pompilli, le fidèle saxophoniste de Bill Haley. Le 5 février 1976, Rudolph Clement Pompilii (orthographe exact de son patronyme), né le 16 avril 1924, décède à 51 ans. Bill Haley perd un quasi-frère et l'envie de chanter "Rock Around The Clock".

Saleté de cancer. France, décembre 1974. Lors la tournée, Rudy tousse et se plaint régulièrement d'une gêne au thorax. Le dernier jour, le 13 décembre au soir, à Strasbourg, après le concert au club "Le Chalet", les Comets doivent pour leur sécurité regagner leur loge en passant dehors, dans la nuit glacée. Transpirant, ils attrapent froid. Le lendemain, ils rentrent aux Etats-Unis par avion, malades.

Rudy est hospitalisé. Un cancer des poumons lui est diagnostiqué. Le musicien ne fumait pas, pourtant. Ce cancer résulte-t-il des années passées à jouer dans dans des clubs enfumés ?

Rudy Pompilli enregistre à nouveau son célèbre
"Rudy's Rock"  en 1975. 

Saleté de cancer. En 1975, Rudy trouve la force d'enregistrer son unique album solo, "The Sax That Changed the World" pour Sonet, le label avec lequel Haley est sous contrat depuis 1968. En octobre, il effectue une ultime tournée au Brésil avec Bill et les Comets. Emacié, coiffé d'une perruque, "Rude the Dude" peine à souffler dans son instrument. Il reste allongé lorsque ses collègues sont en conférence de presse.

A ses funérailles, ses amis jouent "When the Saints Go Marchin' in". Hommage à un jazzman qui dédia sa vie au rock and roll.


 


 

12 octobre, 2021

Quand Gene Vincent rencontrait Bill Haley en 1970

Les photos sont connues : Bill Haley avec Little Richard, Bill Haley avec Sam Cooke, Bill Haley avec Elvis... Mais Bill avec Gene Vincent, the "screaming kid" ? Une très rare photo d'eux ensemble a été publiée sur un site de réseau social. Sur ce cliché, Gene discute avec le Roi du rock-and-roll et son saxophoniste, Rudy Pompilli, sur une scène, avant ou après un concert. Ce serait au Curtis Hixon Convention Hall, à Tampa (Floride), le 20 février 1970.

A l'occasion du cinquantième anniversaire de la mort de Gégène, il me fallait publier cette image.

Gene Vincent, Bill Haley, Rudy Pompilli :
légendes du rock en conversation.


01 juillet, 2021

Disque : R-O-C-K (1976), par Bill Haley

En 1976, Bill Haley est sur le point de quitter la scène. Le roi du rock est affecté par la mort de son saxophoniste Rudy Pompilli, décédé d'un cancer des poumons le 5 février. Membre des Comets depuis 1955, pour le meilleur et pour le pire, Rudy était une sorte de frère pour Bill. Comment continuer ? A quoi bon le faire ? dut se demander Bill.

Bill Haley 1976
R.O.C.K. sortit en 1979 sous licence
chez Sun Records (recto de la pochette).
Sous contrat chez Sonet, l'homme à l'accroche-coeur avait enregistré en studio pour la dernière fois en 1972, à Nashville, pour l'album Just Rock and Roll Music. La firme suédoise lui passe une nouvelle commande. Pour la troisième fois, le producteur est Sam Charters. Après la mauvaise expérience de Nashville où Haley, alcoolisé, aurait semé le chaos au motel, l'enregistrement a lieu en Alabama, au studio FAME (Florence Alabama Music Enterprises). Bill se rend au studio, alors situé à Muscle Shoals, accompagné de sa femme Martha et du jeune fils qu'il a eu avec elle, Pedro. Martha étant présente, Bill se tient en principe à l'écart de la bouteille. 

Un mystère subsiste sur cet enregistrement : une partie des musiciens – le guitariste soliste, le pianiste, le saxophoniste et le batteur – sont inconnus à ce jour. S'agit-il de musiciens locaux, de "requins de studio" ? Seuls seraient identifiés le guitariste rythmique (Ray Parsons, entré chez les Comets en 1969) et le bassiste (Jim Lebak, entré en 1974).

Le disque est, comme à l'habitude pour Haley, composé de reprise : des morceaux de son propre répertoire, allant de la période pré-Decca ("I'll Be True To You" ; "Farewell, So Long, Goodbye" ; "l'll Be True to You" ; "Dance With a Dolly") aux années Decca ("Dim, Dim the Lights" ; "Ooh! Look-a There Ain't She Pretty" ; "Dim, Dim the Lights" ; "Burn That Candle"; "R-O-C-K" ; "I Got a Woman") en passant par les années mexicaines ("Mohair Sam", chanté en 1966 par le guitariste soliste Johnny Kay sur Orfeon). 

Un ton plus bas

Bill Haley 1976
Verso de la pochette de R.O.C.K.. Photo prise lors de la tournée
européenne de fin 1974, avec Rudy Pompilli au saxo.
Bill Haley était-il fatigué ou enrhumé ? Lors de cette session, d'une voix nasale, il reprend certains morceaux un ton plus bas que lors des enregistrements originaux. A titre de comparaison, son confrère Gene Vincent, même usé par les tournées, l'alcool et la cigarette, chanta ses classiques ("Be Bop a Lula", "Say Mama"...) jusqu'au bout dans la même tonalité. Idem pour Elvis qui, en 1977, reprenait sur scène encore "Jailhouse Rock" en ré, comme vingt ans avant. 

Pour revenir à Bill, malgré les changements de tonalité, ses enregistrements de 1976 sont de bonnes réalisations. Les solos de saxo, guitare et piano s'enchaînent, parfois rallongés par rapport aux versions d'origine. Au mixage, la guitare rythmique acoustique est très en arrière, quasi inaudible, hormis sur "R.O.C.K".

Ce sera l'avant-dernier disque de Bill, précédant de trois ans Everyone Can Rock 'n' Roll, mis en boîte dans le même studio. 

Détails du disque sur Discogs






09 février, 2021

Bill Haley, mort en pyjama il y a 40 ans

J'ai beau ne pas l'avoir connu, ni l'avoir vu en concert, je me souviens de Bill Haley. Aujourd'hui, 9 février 2021, il y a quarante ans que William John Clifton Haley est décédé. Il avait 55 ans. Retrouvé à 12 h 35 dans un lit, dans la "pool house" (pavillon dédié à l'entretien d'une piscine) de sa demeure, à Harlingen (Texas). C'est un ami, chef de la police locale, qui avait rendez-vous avec lui qui fit la découverte. Bill était en pyjama, allongé comme s'il dormait. Selon le certificat de décès, la mort fut causé par une attaque cardiaque. 
Mort de Bill Haley 9 février 1981
Bill Haley à l'époque des concerts "revival", vers 1970.

Paisible mais funeste fin pour l'homme qui popularisa cette musique joyeuse qu'est le rock and roll.

Chanteur reclus
Les derniers jours du Roi du rock and roll furent tristes. Bill s'était reclus dans la "pool house" afin d'éviter que ses enfants le voient ivre ou manifestant des problèmes psychiques causés ou accentués par son alcoolisme*. Le 8 février, il avait téléphoné à l'un de ses fils, Bill Junior, se plaignant de l'absence de sa femme Martha et de leurs enfants. Il implora ce fils, qu'il avait eu d'une précédente femme, d'appeler Martha afin qu'elle l'accepte à nouveau à la maison. Bill Junior refusa, n'ayant jamais parlé à Martha. Il raccrocha l'appareil, agacé. Il pensait avoir à faire à un des habituels appels de son père, qui, ces derniers mois, perturbé, racontait en pleine nuit des histoires invraisemblables comme celle d'avoir servi chez les Marines.

Le Roi du rock and roll est mort seul, sans doute dépressif. Il avait peint en noir, à la bombe, les fenêtres de sa "pool house". 

* Crazy Man Crazy, The Bill Haley Story, par Bill Haley Jr et Peter Benjaminson, Omnibus Press, 2019, p. 272 (non traduit).















31 décembre, 2020

Disque : Just Rock and Roll Music, par Bill Haley

Au 123, rue Oberkampf à Paris (France) existait un disquaire spécialisé dans le rock des années 1950-1960 : les Disques Sannino, tenue par feu Ciro Sannino, commerçant rondouillard qui avait vu Gene Vincent sur scène lors de sa tournée dans le Nord en 1963. Dans cette boutique, je fis l'acquisition du 33 tours de Bill Haley : Just Rock and Roll Music ; il neigeait, c'était le 31 décembre 1985, Bill Haley était mort depuis quatre ans.

Bill Haley Sonet 1973
L'album Just Rock and Roll Music,
enregistré par Bill Haley en 1972.
A cette époque, je possédais de nombreux enregistrements de Haley chez Decca (réédités par MCA), ainsi que les disques produits par Sonet en 1968, 1970 et 1979. Just Rock and Roll Music manquait donc à ma collection. Enregistré début décembre 1972 aux studios Woodland de Nashville et publié en 1973 chez Sonet, cet album était quasi introuvable dans les bacs des disquaires français en 1985.

L'exemplaire que j'acquis chez Sannino était un pressage anglais à l'état neuf, provenant sans doute d'un vieux stock. Il me coûta 93 F soit environ 25 € actuels en tenant compte de l'érosion monétaire due à l'inflation. C'était une somme en 1985 ! Les disques du label Bear Family tournaient autour des 80 F (soit environ 22 €) chez Sannino, un prix que je trouvais déjà élevé.

Pedal steel guitar
Pour ce nouvel album, les musiciens étaient constitués des Comets d'alors (Rudy Pompilli au saxo, Bill Miller à la guitare solo, Ray Cawley à la basse, Buddy Dee à la batterie), auxquels le producteur Sam Charters avait adjoint des musiciens de studio : Lloyd Green (pedal steel guitar et dobro), Jerry Shook (guitare rythmique) et Bobby Wood (piano). Du beau monde devant les micros, donc. Pourtant, si les solos et les arrangements en harmonie (guitare/saxo/steel) sont parfaitement exécutés, l'ensemble est un peu fade. Rey Cawley est bien discret, notamment sur "Personality" où il joue plus "country" que "rock". Lloyd Green, que j'admire comme l'un des plus grands pedal steel guitaristes copie les ricochets et glissandos de Billy Williamson, l'ancien steel guitariste des Comets. Mais le jeu de pedal steel est trop différent du jeu de lap steel. Quant au dobro, un emploi original pour du rock, il sonne trop "country". Le dobro de Red Rhodes sur l'album de Gene Vincent I'm Back and I'm Proud, en 1969, était plus approprié car les morceaux étaient des airs country. Quant à la guitare rythmique de Jerry Shook, était-elle indispensable ? Le piano suffisait pour soutenir le son.

Album concept

Bill Haley 1973
Just Rock and Roll Music, pressage anglais,
eut sa version française : More Rock and Roll Music.
Just Rock… est un album concept en ce qu'il rassemble des titres de rock-and-roll, comme l'explique Sam Charters sur la note au verso de la pochette. Le producteur, spécialiste de blues, voulait profiter de la vague de rock revival et du succès de Bill lors du festival de Wembley en août 1972 pour remettre le roi du rock là où ses fans le voulaient. Sur son album précédent (Rock Around the Country, 1970), Haley avait peut-être trop frayé sur les sentiers de la country ; bien qu'artistiquement réussi, le disque fut un échec commercial. Pour Just Rock..., Bill ne chante que des reprises. Quelques bonnes interprétations : "I'm Walking" (quoiqu'un peu molle) ; "Personality" ; "Bring It On Home To Me" (d'excellents solos de guitare et de steel enchaînés) ; "Lawdy, Miss Clawdy". Je retiens aussi "Crazy Man, Crazy": bien que plusieurs fois enregistrée en studio (en 1953 chez Essex, puis en 1960 chez Warner Bros.), la version 1972 est bien rythmée, avec à la fin une ambiance de soirée spécialement créée dans le studio – Rudy Pompilli criant "Git it , babe!". Pour le reste, les énièmes versions de "Flip, Flop and Fly" et "Whole Lotta Shakin' Goin' On" sont de trop. N'y avait-il pas d'autres titres à reprendre ? D'anciens titres Decca ou Essex de Bill, voire des titres d'autres artistes ?
Bill Haley aux studios Woodland.
Billboard, 12 mai 1979, p. 49.

Whiskey

D'après la biographie de Haley signée par John Swenson(1), les sessions de 1972 furent un "cauchemar pour toutes les personnes impliquées". Charters y raconte les difficultés à faire enregistrer Bill, fortement alcoolisé, qu'il fallait "diriger vers le microphone". Le dernier jour, le chanteur aurait hurlé et cassé du mobilier dans le motel, terrorisant les musiciens enfermés dans leurs chambres. "Rock the Joint" en travaux pratiques, en quelque sorte. Heureusement, ces problèmes de whiskey-soda ne tranparaissent pas sur le disque : Haley chante juste.

Plus de détails sur le disque, voir Discogs.com

(1) Bill Haley, John Swenson, W. H. Allen, London, 1982.